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L’eczéma de contact allergique : priorité aux patch-tests

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L’eczéma de contact allergique est un motif fréquent de consultation. Alors qu’il était considéré comme rare chez l’enfant, plusieurs travaux récents ont suggéré qu’il représenterait en réalité 20 % des dermatites pédiatriques. Une augmentation de l’exposition aux allergènes, et une amélioration de la prise en charge diagnostique, sont sans doute à l’origine de l’augmentation de la prévalence constatée ces dernières années. L’eczéma de contact allergique est une réaction d’hypersensibilité à médiation cellulaire (de type IV), bien différente des dermites d’irritation. Les travaux montrent l’importance d’un diagnostic précoce.

La dermatite de contact allergique aigüe se présente sous la forme d’un érythème, le plus souvent associé à un œdème, des papules et des vésicules, et un prurit intense. La réaction persiste 24 à 72 heures après le contact, parfois plus en cas de contact avec un antibiotique ou un corticoïde topique. En cas de chronicisation, la dermatite se présente sous forme d’hyperkératose, de lichénification ou de fissures. Si les lésions prédominent au niveau de la zone de contact, elles peuvent aussi être plus diffuses. Deux diagnostics différentiels sont à évoquer : des lésions dues à un contact irritant et la dermatite atopique. Ainsi, toute lésion récurrente, localisée et de type eczéma chez un enfant devrait faire suspecter une dermatite de contact allergique et adresser l’enfant pour des patch-tests cutanés. 

 

Les allergènes en lien avec les jeux, l’école et les activités sportives sont les plus fréquents

L’identification précise de l’allergène est en effet essentielle pour la prise en charge. Les allergènes de contact les plus fréquents chez l’enfant sont en relation avec les jeux, l’école et les activités sportives. Il s’agit en premier lieu de métaux : le nickel retrouvé dans les jouets, instruments de musique, objets technologiques, etc., le chlorure de cobalt présent dans les bijoux ou certains jouets, et le dichromate de potassium, plus rare chez l’enfant, mais qui peut être présent dans les chaussures en cuir. Mais les topiques ou autres produits utilisés par les parents sont aussi des sources fréquentes d’allergènes : médicaments en application locale (néomycine, benzocaine, corticoïdes), conservateurs (thiomersal), fragrances (baume du Pérou), plantes de la famille des Astéracées ou encore le para-phénilenediamine présent dans le hénné. Enfin, d’autres allergènes émergent depuis quelques temps : le panthénol et les antiseptiques cutanés (Chlorhexidine et benzalkonium), certains produits contenus dans les crèmes solaires, ou encore ceux contenus dans des dispositifs adhésifs de contrôle de la glycémie utilisés par les jeunes diabétiques.

Le traitement de l’eczéma de contact consiste à réparer et améliorer la fonction de la barrière cutanée, en évitant tout contact avec les allergènes sensibilisants.

 

Dr Roseline Péluchon

Belloni Fortina A. et coll.: Allergic contact dermatitis in children
Expert Review of Clinical Immunology. DOI: 10.1080/1744666X.2020.1777858