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Allergie alimentaire : priorité à l’histoire de la maladie
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Dans plusieurs pays européens, 19 % des adultes et 25 % des enfants disent présenter une allergie alimentaire. La prévalence réelle est toutefois inférieure. Les recommandations de l’Académie européenne d’allergie et d’immunologie clinique (EAACI) soulignent l’importance des antécédents du patient pour établir la probabilité de l’allergie alimentaire à partir des déclarations des patients, mais reconnaissent l’absence d’études évaluant la fiabilité des prédictions par des questionnaires standardisés.
Les données de l’étude EuroPrevall, projet européen multicentrique, offre l’opportunité d’évaluer la valeur des informations fournies par les antécédents du patient, pour la prédiction du risque d’allergie alimentaire. Ces informations ont été utilisées pour établir la valeur des réactions, comorbidités et facteurs démographiques, rapportés par des patients présentant des réactions indésirables alimentaires, dans l’établissement de la probabilité d’une allergie alimentaire. Les données de 844 adultes et 670 enfants ont été analysées. Au total 25 % des adultes et 20 % des enfants ont été classés comme ayant une allergie alimentaire probable.
Les éléments discriminants varient entre l’adulte et l’enfant
Pour les adultes, en analyse multivariée, sept variables contribuent à la prédiction de la présence ou de l’absence d’une allergie alimentaire, avec une fiabilité de 85 %. Il s’agit de la rapidité de la réaction après l’ingestion de l’aliment en cause, la reproductibilité de la réaction, la présence de manifestations orales, de symptômes gastro-intestinaux, d’asthme, de rhinite allergique et le genre. La reproductibilité, les symptômes oraux, une comorbidité de rhinite allergique ou d’asthme et le genre masculin sont les prédicteurs les plus solides de la probabilité d’une allergie alimentaire. En revanche les symptômes gastro-intestinaux présagent plutôt de l’absence d’allergie.
Pour les enfants, les éléments les plus discriminants sont les réactions allergiques orales et la rhinite allergique, avec une fiabilité de 73 %. Le délai d’apparition d’une réaction après ingestion de l’aliment incriminé et la reproductibilité ne sont pas des éléments discriminants en analyse multivariée. En revanche, les symptômes cutanés sont plus évocateurs chez l’enfant que chez l’adulte. L’explication pourrait être que les parents ne remarquent les symptômes de l’enfant que lorsqu’il apparaît un symptôme objectif, comme un signe cutané.
Notons que les antécédents des patients sont plus discriminants pour la prédiction d’une allergie à un aliment d’origine végétale.
Dr Roseline Péluchon
Lyons S.A. et coll. : Predicting food allergy: The value of patient history reinforced Allergy. 2020;00:1–9