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Un antécédent d’anaphylaxie est-il facteur de risque d’un échec du test de provocation orale

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Un antécédent d’anaphylaxie est-il facteur de risque d’un échec du test de provocation orale ? 

Les allergies alimentaires constituent un problème majeur de santé publique. Leur prévalence augmente régulièrement, en particulier chez les enfants et cette progression s’accompagne d’une hausse inquiétante des cas d’anaphylaxie. Les allergies au lait de vache et à l’œuf sont les causes les plus fréquentes d’anaphylaxie en pédiatrie et ont des répercussions importantes sur le plan médical, nutritionnel et psychosocial. Un diagnostic précis d’allergie alimentaire est donc essentiel, afin d’éviter les régimes d’éviction inutiles ou, inversement, les expositions à risque. 
Le test de provocation orale (TPO) reste la méthode de référence pour confirmer une allergie alimentaire. Toutefois, ses indications et son interprétation sont complexes, en particulier chez les patients ayant un antécédent d’anaphylaxie, considérés comme à haut risque. Jusqu’à présent, la plupart des études ont considéré l’anaphylaxie comme un facteur de risque d’échec des TPO, sans distinguer de profils spécifiques selon les antécédents des patients.
Une équipe polonaise a mené une étude rétrospective dont l’objectif était de comparer les caractéristiques cliniques et biologiques d’enfants pour lesquels était demandé un TPO au lait de vache ou à l’œuf, selon la présence ou non d’un antécédent d’anaphylaxie, et d’identifier les facteurs prédictifs de l’échec du test, dans chaque groupe.
L’analyse a été réalisée sur 186 TPO (66 % pratiqués chez des garçons). Le taux global d’échec est de 32,4 %, sans différence significative entre les enfants avec ou sans antécédent d’anaphylaxie. Dans cette cohorte, les enfants testés pour le lait de vache sont plus nombreux à présenter une anaphylaxie et les auteurs notent que celle-ci peut être déclenchée par des doses plus faibles lors d’une allergie aux protéines de lait de vache (APLV) en comparaison avec l’allergie à l’œuf. Ils remarquent aussi que le temps médian d’apparition des symptômes est de 90 mn dans les deux groupes, soulignant l’importance d’une surveillance prolongée, qu’il y ait ou non des antécédents d’anaphylaxie. 

Pas de différence dans le risque global d’échec du TPO, mais des spécificités pour chaque groupe

Les données montrent que les deux types de patients (avec ou sans antécédent d’anaphylaxie) diffèrent toutefois dans plusieurs aspects cliniques importants, avec des différences dans les taux d’IgE et dans les doses réactogènes. La dermatite atopique et l’asthme émergent comme des facteurs potentiels influençant l’issue du TPO, avec un impact différent selon qu’il y ait ou non un antécédent d’anaphylaxie : chez les enfants sans antécédent, la présence d’une dermatite atopique constitue un facteur prédictif significatif d’échec, alors que chez ceux ayant des antécédents d’anaphylaxie, l’asthme apparait comme un facteur associé à l’échec, à la limite de la significativité. De même, les performances prédictives des IgE sont différentes selon les deux groupes. Parmi les marqueurs évalués, les IgE dirigés contre la caséine présentent une bonne valeur prédictive du résultat du TPO chez les enfants sans antécédent d’anaphylaxie. Cela suggère une possible dissociation entre le niveau de sensibilisation immunologique et la réactivité clinique, notamment chez les enfants ayant évité strictement l’allergène après une anaphylaxie. 
Pour les auteurs, ces données semblent indiquer que les patients avec et sans anaphylaxie représentent deux populations cliniquement distinctes et que cela justifie une approche personnalisée de l’indication et de l’interprétation du TPO. Un antécédent d’anaphylaxie n’augmente pas obligatoirement le risque de réaction sévère au cours du test, mais est associé à une sensibilité plus élevée, avec un risque de réaction à plus faible dose. 

Dr Roseline Péluchon

Klim L, Michalik M, Wąsowicz P, et coll. Does Previous Anaphylaxis Determine Differences Between Patients Undergoing Oral Food Challenges to Cow's Milk and Hen's Egg? Nutrients. 2026 Jan 18;18(2):302. doi: 10.3390/nu18020302.